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A vendre deux pièces
A vendre deux pièces, avec vue sur cimetière et balcon fleuri,
L’annonce ne raconte pas, qui y vécut, malheureux et anéanti,
Troisième étage, ascenseur, porte G, plus aucun nom d’inscrit,
L’ombre d’un poète ricane, méchamment, dans ce lieu maudit.
L’heure, où s’allument les réverbères se promène le jeune Werther,
Quelques poèmes de douleur frémissent dans ses poches usées,
L’amour est mort sans voir le beau temps, yeux palis de misère,
A suivre l’exemple de la passion impossible, on songe à se tuer.
A vendre, poésie bon marché pour midinette en fleur de dimanche,
Des rimes griffonnées qui ne se survivront pas à l’usure du temps,
Ceux qui souffrent en dedans, de leurs tourments, font la manche,
La compassion soulève des émotions dont n’ont cure les amants.
On fit visiter l’appartement, à une jeune couple, tout juste marié,
Ils décidèrent de s’y installer et en faisant le ménage des lieux
Ils découvrirent dans un recoin, en boule, un papier tout froissé,
Déplié, apparaît dans une écriture troublée, un poème d’adieu :

L'aveu comme un adieu
Si tu ne gardes que des regrets de notre illégitime union
Malgré nos délicieux et intimes moments
Sache que de l'amour, il faut toujours oser.
Mes sentiments devenaient engagements,
Et aimaient tant coucher dans tes pensées.
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Mais maudit soit ce funeste présent ensorcelé
De tant de douleurs, de tant de bouleversements,
Où règnent, victorieux dans ton âme esseulée
La mort complice, l'effroi suspendu au néant.
Alors pour te préserver, tu as renoncé et préféré
Laisser notre passion s'envoler aux caprices des vents.
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Si un moment la quête de ta vie
Était de te trouver un mari,
Un doux foyer, un toit
Tu sais qu'aujourd'hui
De le chercher, il est vain,
Dans la mort, il se fuit.
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Qu'au bout du chemin,
Rescapée, c'est avec toi,
Toi seule, que le destin
T'a donné rendez-vous
Grand froid
S'il existe des soleils qui éclairent les hivers,
Il y a aussi des hivers, les yeux grands ouverts,
Qui de la chaleur s'éloignent, solitaires,
Toujours plus loin, dans l'immensité polaire.
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Ainsi déboussolé, en quête de ton Grand Nord,
Même en dessous de zéro, je t'aime encore,
Mon amour ne pouvant rester de glace,
Devant tant d'élégance et de grâce.
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Si la neige résiste seulement au froid,
Sous une pluie de flocons, je me fondrai en toi.
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Fée fatale
Et moi, pauvre aveugle ébloui
Par la nudité sanglante de ton sourire
Sujet, aux caprices qui me lient,
Ivre, immobile, esclave de tes plaisirs
Mes baisers flambants se brisent
Sur la froideur stérile de ton cœur desséché.
Laissons là ces regrets
Tachons de nous oublier
Même si l'amour et l'avenir
Appartiennent à ce passé
Qui, jadis, a été inventé
Pour toujours recommencer.
Ainsi se noie une idylle aux baisers de nos lèvres,
Eau froide versée sur nos émois passés,
Cette saveur de glace
A figé notre union
En une ultime grimace
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Je sais que c'est folie,
Il faut que je t'oublie
Si la terre s'ouvre en deux,
Qu'elle m'avale, faute de mieux
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Et toi que tu ailles en paix
Loin de mon cœur va-nu-pieds
Servir un sage, exploiteur de ta crédulité.
Petite fille debout, indocile
Devant la femme, qui ne peut grandir
Petite fille assise, docile
Devant le sage, qui l'aide à s'enfuir
Petite fille à genoux, si fragile
Devant la mère, qui ne cesse de mourir.
Au commencement de l'homme était la solitude
Sous mon ciel bouché d'errantes nuées souillées,
Il n'est pas pire malheur face à ce qui se dérobe,
Qu'un cœur troublé et bouleversé,
Qui n'espère plus de ton soleil,
La lumière de ta présence.
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Pourtant, oui je suis homme qui aime.
Et bénit soit le grain de sagesse, qui
Pour hasard divin, m'a livré ton sourire.
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Ce sourire m'a ouvert le chemin
De la caverne de ton intimité secrète.
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Caressant le duvet de ton âme,
Blotti dans tes profondeurs,
Il se peut que l'homme ait grandi,
Mais à peine ressorti qu'il ait rétréci.
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Ensuite de notre union, s'est évanoui le plaisir
Dans le tourbillon d’un rêve déchu.
Au commencement de l'homme était la solitude.
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